Un rêve grandeur nature
Lors d’une sieste printanière dans le parc des Buttes-Chaumont, allongé sur une des pelouses de la partie la plus en altitude, une musique cuivrée et répétitive parvient délicatement jusqu’à mes oreilles endormies. À mon réveil, je me souviens avoir rêvé qu’un musicien égaré cherchait en vain à retrouver son orchestre, guidé par une valse répétitive.
Intrigué, je me dirige vers l’entrée du parc, cherchant partout d’où cette musique pouvait bien venir. J’arrive devant le kiosque à musique, au moment où des musiciens en uniformes blancs et képis rangent minutieusement leurs instruments. J’interroge le chef de l’orchestre, qui me dit diriger la Batterie-fanfare des Gardiens de la Paix.
À la fin de cette journée ensoleillée, je couche ce rêve sur mon cahier en essayant de me remémorer toutes les images que cette musique m’avait inspirées.
De la publicité au cinéma
À l’époque, je suis concepteur-rédacteur chez Publicis. Avec mon camarade de création Benoît Raynert, nous sommes souvent en tournage pour des spots de pub, en particulier avec Pierre Marcus de la société de production Télé 2000. Lors d’un dîner de tournage à Londres, je lui raconte cette petite histoire et lui dis que j’aimerais beaucoup en faire un court-métrage.Pierre me dit qu’il veut bien m’aider, et me propose de participer financièrement.
Deux semaines plus tard, c’est avec Alain Grandgérard de la société Movie Box que nous sommes en tournage. Je raconte à nouveau mon histoire, et dis à Gérard que Pierre est prêt à m’aider.
« Combien ? » me demande-t-il.
Vingt mille francs, lui réponds-je.
Gérard m’en propose aussitôt autant.
Trop content d’avoir ces appuis, je peaufine un scénario. J’en parle à Saskia Firch, une amie TV producer de Publicis, qui veut bien m’aider à « monter la prod ». J’en parle aussi à François Berthelot, de Torpédo, société de production son avec qui nous travaillons très régulièrement. Ce dernier me propose, non pas de participer financièrement, mais de mettre à ma disposition un ingénieur-son et des heures au Studio des Dames, l’un des meilleurs de Paris.
Saskia me présente un premier chef opérateur, avec qui nous envisageons un tournage en vidéo. Mais un autre projet, plus professionnel et grassement rémunéré, l’éloigne de ma Fanfare. Pour ne pas me laisser en plan, il me présente un autre chef opérateur, avec qui il travaille régulièrement : Tetsuo Nagata.
Lorsque je raconte le projet à Tetsuo, je vois ses yeux briller. Mais quand je lui parle de tourner cette histoire en vidéo, il objecte immédiatement.
Ce doit être un vrai film, tourné en 35 mm.
Wouaouh.
Je n’ai pas une telle ambition, et surtout les moyens d’une telle production, lui dis-je. Je lui liste mes sponsors, les amis comédiens que j’ai réunis pour jouer dans le film, notamment Foued Nassah, et lui fais comprendre que mes ressources s’arrêtent là.
Le lendemain, Tetsuo me rappelle pour me proposer de rencontrer Kazunori Togashi, de la société Pipe-Line. La production du Morceau préféré de la batterie-fanfare des gardiens de la Paix était lancée.
Le tournage
Le film sera tourné en 35 mm, avec deux caméras, dont une steady-cam, et la vraie Batterie-fanfare des Gardiens de la Paix, qui interprétera réellement son morceau préféré.Foued Nassah étant tombé malade une dizaine de jours avant le tournage, il sera remplacé au pied levé par son ami comédien Florian Hutter, à qui l’uniforme du musicien égaré ira à merveille.
Distribution
- Le héros : Florian Hutter
- Les musiciens : La Batterie-fanfare des Gardiens de la Paix, sous la direction de Michel Dubreuil
- Le Polichinelle du Théâtre Guignol Anatole animé par Roland Wagner
- La Star : Marion Kriolan
- Le danseur : Elisha Yohana
- La fée : Isabelle Eshraghi
- L’homme au parasol : Ryuzo Aknyama
- Le clown : Christian Rizzo
- Le garagiste : Noël Falbuto
- Le joueur de croquet : Pierre Lanneluc
- Les trois têtes : Yves Bâche, Benoît Raynert, Patrick Dattas
- Les amoureux : M. et Mme Carazzo
- Le crocodile : Gérard et Béatrice
Équipe
- Directeur de la photographie : Tetsuo Nagata
- Opérateur steady-cam : Thierry Brethier
- 1ers assistants opérateurs : Jean-Marc Fabre, Florent Lenvers
- 2es assistants opérateurs : Didier Bivel, Claire Pronis, Richard Devoucoux
- 1er Assistant réalisateur : Norbert Gérard
- 2e Assistant réalisateur : Pascale Aubert
- Régisseur général : Éric Upmeyer
- Régisseur adjoint : Alain Mougenot
- Stagiaires : Frédéric Pompeani, Agnès de Montenon, Magali Blua, Stéphane Izard, Marc Eacersall
- Chef électricien : Jean-Pierre Molineus
- Électricien : Touffic Chit
- Chef machiniste : Jean-Claude Meyniel
- Machiniste : Éric Marcelin
- Chef monteuse : Delphine Desforges
- Assistants monteurs : Ketty Placenti, Olivier Farines
- Scripte : Marijo Anseaume
- Photographe de plateau : Jérôme Nakajima
- Coiffeur-maquilleur : Paul de Fisser
- Stylisme : Éliane Burki
- Post-Production sonore : “Logic Sound”
- Son : François Girault, Didier Leroy, Delphine Desfons
- Mixage : Jean-Pierre Halbwachs, Didier Rupin - Studio des Dames, Paris
- Directeur de production : Pascal Libolt
- Producteur exécutif : Marc Paris
- Production : Pipe-Line - Point Final - Torpéro
- Scénario et mise en scène : Pierre-Guillaume Vuillecard
Musique
La Batterie-fanfare des Gardiens de la Paix interprète : La valse d’autrefois — Patrick Poutoire Le danseur évolue sur : La Valse d’ailleurs — Erwan Le Marc’hadour
Projection
Le film est projeté en avant-première au cinéma Max Linder, puis en première partie du long-métrage La Valse des pigeons. Il est également présenté dans quelques festivals, dont celui d’Alès.



